Édition n° 46. Un article de fond sur les violences d’octobre et ce qu’elles coûtent aux entreprises, le podcast du mois, 34 articles d’actualité résumés par nos consultants et 19 offres d’emploi du secteur.
Article de fond
Violences d’octobre : anticiper la sûreté pour limiter le sinistre
Les violences du 17 octobre ont touché plus de 1 500 commerces, pour des pertes assurées pouvant atteindre 1,2 Md€, alors que la journée du 24 en a épargné presque tous. Cet article examine ce qui reste à la charge de l’entreprise entre assurance et responsabilité de l’État, ce que la recherche permet d’anticiper, et quatre leviers de sûreté pour limiter le préjudice.
Données arrêtées au 2 novembre 2026
01Un risque qui semble désormais suivre le calendrier social
Le 17 octobre, une journée de mobilisation contre la vie chère a dégénéré, dans plus d’une vingtaine de villes, en pillages d’une ampleur considérable. Le ministère de l’Intérieur dénombre plus de 1 500 commerces touchés, CCI France près de 2 500 : en un seul week-end, c’est au moins autant que pendant toutes les émeutes de l’été 2023, selon l’estimation du Sénat. La facture assurée pourrait elle aussi dépasser celle de 2023. L’agence de notation Morningstar DBRS évoque jusqu’à 1,2 milliard d’euros, contre 793 millions selon France Assureurs pour 2023.
C’est pourtant moins l’ampleur que la nature de l’épisode qui doit retenir l’attention. En 2005 comme en 2023, la violence avait surgi d’un drame imprévisible, la mort de jeunes gens, avant de se propager de ville en ville. En octobre, elle s’est greffée sur un mouvement social annoncé depuis des semaines, et elle a visé d’emblée le cœur commerçant des métropoles, des Grands Boulevards à la Presqu’île lyonnaise, enseignes de luxe comprises.
Les deux samedis suivants l’ont confirmé en creux. Le dispositif policier avait été renforcé, et dans plusieurs villes des commerçants avaient baissé le rideau ou protégé leurs vitrines. Selon les autorités, citées par Le JDD, les dégradations sont retombées à quelques dizaines de commerces, alors que la mobilisation se poursuivait. La part de chaque facteur reste difficile à établir. À notre sens, la leçon est ailleurs : dès lors que les journées à risque sont connues à l’avance, elles cessent d’être de simples aléas et deviennent des échéances à préparer.
02Un préjudice qui dépasse largement les dégâts visibles
Les dégâts matériels ne représentent qu’une partie du préjudice. Il y a d’abord la continuité d’activité : la fermeture le temps des travaux, le stock perdu à quelques semaines des fêtes, la trésorerie fragilisée. La fermeture préventive a elle aussi un prix : selon CCI France, les commerces de centre-ville enregistrent une baisse de chiffre d’affaires de 80 % les samedis de manifestation, alors que novembre et décembre représentent 40 % du chiffre d’affaires annuel des commerces de proximité.
Il y a ensuite les équipes en boutique. Les consignes adressées aux commerçants par le préfet de police de Paris (rester à l’intérieur, ne pas s’interposer, appeler le 17) rappellent que leur sécurité prime sur celle de la marchandise. Il y a enfin la confiance : une vitrine éventrée, reprise en boucle, peut affecter durablement l’attractivité d’une adresse, parfois d’une marque.
03Assurance, État : une indemnisation qui reste incertaine
Côté assurance, le principe reste l’exclusion : le code des assurances écarte les émeutes et mouvements populaires « sauf convention contraire » (art. L. 121-8) ; tout dépend donc du contrat. La garantie émeutes obligatoire créée par la loi de finances pour 2026 doit changer la donne, mais son entrée en vigueur attend un décret, lui-même suspendu à une décision de la Commission européenne (art. 171, III) ; le gouvernement vise le 1er janvier 2027, et elle ne couvrira pas les dégâts d’octobre.
Côté État, la loi le rend responsable, même sans faute, des dommages causés par des attroupements (code de la sécurité intérieure, art. L. 211-10). Le juge l’écarte face à une action préméditée, « organisée par un groupe de personnes à seule fin de commettre un délit » (CE, 28 octobre 2022, n° 451659), ou pour des pillages nocturnes sous couvre-feu, « à seule fin de profit » (CE, 18 mars 2026, n° 496688). Il l’admet en revanche lorsque les dégâts coïncident avec un rassemblement, faute d’éléments établissant l’action d’un groupe organisé : la cour administrative d’appel de Paris a ainsi indemnisé plusieurs commerces parisiens touchés en marge des manifestations des gilets jaunes, perte d’exploitation comprise (CAA Paris, 26 avril 2024, n° 22PA05252 ; 4 octobre 2024, n° 23PA01612). Les violences d’octobre semblent mêler les deux situations : l’indemnisation se jouera au cas par cas, souvent des années plus tard. Le préfet de police a d’ailleurs invité les commerçants à renforcer leur propre protection, le dispositif public ne pouvant « garantir à lui seul la protection de chaque établissement », tout en rappelant qu’elle relève de l’État. Une part du risque demeure donc à la charge de l’entreprise ; c’est sur elle que la sûreté peut peser le plus.
04Le risque d’émeute peut en partie s’anticiper
La recherche suggère que les émeutiers ne choisissent pas leurs cibles au hasard. Étudiant les émeutes de Londres de 2011, Baudains, Braithwaite et Johnson montrent que les zones proches des pôles d’activité et des nœuds de transport sont surexposées, et qu’un secteur touché dans les 24 heures précédentes a plus de risques de l’être à nouveau (« Target Choice During Extreme Events: A Discrete Spatial Choice Model of the 2011 London Riots », Criminology, vol. 51, n° 2, 2013, Wiley-Blackwell), une dynamique qui rappelle ce qu’a connu Paris le 18 octobre. Sur 2023, Marco Oberti et Maela Guillaume Le Gall observent que le pillage s’intensifie dans une seconde phase, vécue comme une « fenêtre d’opportunité » (« Analyse comparée et socio-territoriale des émeutes de 2023 en France », analyse préliminaire, 2023, Sciences Po, sciencespo.fr).
Ces régularités rendent le risque en partie anticipable. Reste une objection classique : protéger un site ne ferait que « déplacer » le délit vers la rue voisine, une autre heure ou une autre cible. Rob Guerette et Kate Bowers l’ont vérifié en reprenant 102 évaluations de mesures de prévention situationnelle, c’est-à-dire de mesures qui rendent le passage à l’acte plus difficile ou plus risqué. Le déplacement n’y apparaît que dans un quart des cas environ et reste alors, en général, inférieur au gain obtenu ; la protection d’un site profite d’ailleurs aussi souvent à ses abords (« Assessing the Extent of Crime Displacement and Diffusion of Benefits: A Review of Situational Crime Prevention Evaluations », Criminology, vol. 47, n° 4, 2009, Wiley-Blackwell). Mais ces travaux portent sur la délinquance ordinaire. Lors d’une émeute, une boutique bien protégée peut détourner les casseurs vers sa voisine ; l’enseigne y gagne, pas nécessairement le quartier.
Il faut toutefois rester mesuré : face à plusieurs centaines d’individus, aucune protection n’est infranchissable ; la sûreté fait surtout gagner le temps de fermer, de mettre à l’abri le personnel et le stock, et de limiter le préjudice.
05Quatre leviers pour réduire l’exposition
Auditer en amont. Une analyse de risques cartographie les scénarios, dont celui de l’émeute, et les cote selon leur probabilité et leur impact sur les biens, les personnes et l’image. L’audit du dispositif et l’étude fonctionnelle vérifient ensuite l’adéquation des moyens : protection mécanique des façades, détection, vidéoprotection, procédures de fermeture d’urgence et de mise à l’abri du stock. Elle gagne à être engagée dès la conception d’un projet, puis tenue à jour pour chaque site exposé. La réglementation ne l’impose qu’à la marge : l’étude de sécurité publique (code de l’urbanisme, art. L. 114-1 et R. 114-1) ne vise, dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, que les grandes opérations (dont les établissements recevant plus de 700 personnes) ou les périmètres fixés par le préfet : une boutique courante y échappe en général.
Graduer la posture. Les trois samedis d’octobre plaident pour une posture graduée, décidée à froid : veille sur les appels à manifester et les parcours déclarés, vigilance renforcée (sécurité privée, protection des vitrines), puis fermeture partielle ou totale, avec des seuils de déclenchement fixés à l’avance. Pour les maisons de luxe, dont plusieurs boutiques ont posé des planches sur leurs vitrines avant le 24 octobre selon Reuters, cette posture peut aller jusqu’au retrait des pièces de valeur, au déport du stock et à une coordination avec le siège.
Éprouver le dispositif et préparer les équipes. Les tests de robustesse, tentatives d’intrusion conduites dans un cadre maîtrisé, révèlent les failles qu’exploiteraient des personnes malveillantes ; un exercice fondé sur le scénario d’émeute permet de mesurer le délai réel de fermeture et de vérifier la chaîne d’alerte. Les consignes de mise à l’abri gagnent à être répétées, l’employeur devant assurer la sécurité des salariés (code du travail, art. L. 4121-1).
Développer les relais avec l’État et l’assureur. Chaque département compte au moins un référent sûreté, dont l’intervention est gratuite (Gendarmerie nationale), et des dispositifs d’alerte existent localement, comme Vigicommerce dans le Bas-Rhin ; mieux vaut identifier ces interlocuteurs avant la crise. Côté assurance, la relecture du contrat porte utilement sur : clause émeutes effectivement souscrite, plafonds et franchises, sous-plafond sur les marchandises, perte d’exploitation, moyens de protection exigés, délais de déclaration. Après un sinistre, l’entreprise a intérêt à adresser au préfet sa propre demande d’indemnisation, même si l’assureur agit aussi, sous peine d’irrecevabilité (CAA Paris, 12 juillet 2024, n° 23PA02398) ; un inventaire à jour aide à chiffrer la perte.
Aucune démarche ne supprime le risque d’émeute : se protéger a un coût, ne pas s’y préparer en a un autre. L’enjeu, à notre sens : trouver le niveau de protection qui permet de rester ouvert le plus longtemps possible sans exposer les équipes. OCPR accompagne les directions sûreté sur chacun de ces leviers.
Sources. Ministère de l’Intérieur (25/10/2026) ; Le JDD (25/10 et 01/11/2026) ; CCI France (AFP, 27/10/2026) ; Morningstar DBRS (Public Sénat, 22/10/2026) ; préfecture de police de Paris (21/10/2026) ; Reuters (24/10/2026) ; Europe 1, Maire-info, Actu17, i24news, La Clé publique ; Sénat, rapport n° 521 (2024) ; Gendarmerie nationale ; 24matins (2023) ; textes et décisions cités dans l’article, vérifiés sur Légifrance. Éléments juridiques à titre d’information.
Podcast du mois
Le rôle méconnu de gouverneur militaire de Paris
Le Général Loïc Mizon revient sur ses missions : opération Sentinelle, sécurité de la capitale, 14 Juillet, jeunesse, Invalides et hommage aux militaires morts en opération.
À la une
Trois sujets à retenir ce mois-ci
Marché de Noël de Strasbourg : des portiques détecteurs d’armes aux entrées
La maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, a annoncé que le périmètre de sécurité du marché de Noël sera équipé de portiques détecteurs d’armes à ses entrées. Le marché ouvrira le 27 novembre ; le nombre de portiques et le coût du dispositif n’ont pas été communiqués, les détails devant être présentés ultérieurement avec la préfecture.
L’objectif affiché est de réduire l’attente liée aux contrôles. Le dispositif, utilisé à Nice après les attentats de 2015, aurait été validé par la police selon la maire. L’annonce s’inscrit dans une réévaluation du dispositif hérité de la mandature précédente, notamment des dépenses de sécurité et des plots en béton.
Pour les organisateurs d’événements, ce choix illustre l’évolution du filtrage vers la détection électronique, avec des conséquences sur le dimensionnement des accès, les effectifs de palpation et le dialogue avec la préfecture.
Journée nationale de la résilience : les entreprises invitées à s’exercer
La cinquième Journée nationale de la résilience a lieu le mardi 13 octobre 2026. Elle est le point d’orgue d’une campagne dont les actions labellisées peuvent se tenir toute l’année, en métropole et outre-mer. Collectivités, associations, établissements scolaires, organismes publics, citoyens et entreprises sont invités à y participer, notamment par des exercices de sécurité civile. Le dispositif a pris de l’ampleur : plus de 1 800 actions en 2022, plus de 15 000 en 2025.
La campagne vise trois objectifs : connaître les risques majeurs proches de chez soi, apprendre les comportements qui protègent et comprendre les systèmes d’alerte, dont FR-Alert, qui envoie une notification aux téléphones situés dans une zone de danger. Les demandes de label restent ouvertes jusqu’au 10 décembre 2026.
Pour les directeurs sûreté, c’est l’occasion d’inscrire un exercice de crise ou d’évacuation dans un cadre labellisé et de vérifier que les salariés reconnaissent les alertes officielles.
Sécurité privée : marge de 1,6 % et responsabilité des acheteurs
83-629 confronte une étude de cas commerciale sur une société de sécurité rémoise de 300 agents au rapport IGA-CGefi de mars 2026. Ce dernier confirme une marge nette du secteur tombée à 1,6 % en 2023 selon le GES, comparable à l’intérim. Sur un contrat de 100 000 euros, une remise de 2 % suffit à basculer en perte. La méthode décrite repose sur la preuve de prestation : main courante horodatée, rondes pointées, absence de sous-traitance et diagnostic avant chiffrage.
Le rapport souligne un rapport de force très déséquilibré avec les donneurs d’ordres et l’absence de référentiels partagés pour évaluer la qualité. Il recommande une responsabilité administrative et pénale du client qui contracte avec une entreprise non agréée et propose de limiter la sous-traitance à un seul rang.
Pour les donneurs d’ordres, acheter de la sécurité au moindre prix horaire expose à des prestations dégradées et, à terme, à une responsabilité propre : exiger des preuves de service et vérifier les agréments devient un critère d’achat central.
Contexte sécuritaire
3 articles
Ingérences étrangères : le projet de loi adopté en commission au Sénat
Les commissions des Lois et des Affaires étrangères du Sénat ont adopté le 14 octobre le projet de loi de lutte contre les ingérences étrangères porté par Laurent Nuñez. Le texte triple les peines pour diffusion de fausses informations en période électorale, jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, et crée un référé pour faire retirer des contenus manifestement trompeurs diffusés de manière artificielle. Il sera examiné en séance le 20 octobre.
Le texte a été déposé après des campagnes de désinformation prorusses visant plusieurs candidats à la présidentielle de 2027. Les rapporteurs ont limité le référé aux contenus plausiblement diffusés pour le compte d’une puissance étrangère, et le référé électoral serait étendu aux scrutins locaux. Le rapport de la commission juge toutefois la portée du texte limitée.
Pour les directeurs sûreté, ce cadre offre un levier juridique supplémentaire face aux campagnes de manipulation de l’information visant une organisation ou ses dirigeants, à intégrer dans la veille et les plans de gestion de crise réputationnelle.
VIGINUM face aux ingérences numériques avant la présidentielle 2027
Dans une tribune publiée par INCYBER, Didier Bazalgette, ancien responsable à l’Agence de l’innovation de défense, revient sur VIGINUM, service de vigilance contre les ingérences numériques étrangères créé en 2021 auprès du SGDSN. Il rappelle la campagne RRN de 2023, avec 355 domaines usurpant des médias, et le rapport de juin 2026 documentant quatre ingérences lors des municipales.
Selon l’auteur, le chantier décisif est la coordination avec le ministère de l’Intérieur, pour que les détections débouchent sur une réponse rapide avant la présidentielle de 2027. Il plaide pour des moyens dans la durée et une évaluation rigoureuse des résultats du service.
Pour les directeurs sûreté, la période électorale qui s’ouvre justifie une veille renforcée sur les campagnes de désinformation pouvant viser leur organisation, ses dirigeants ou ses événements publics.
Drones non autorisés au-dessus de sites militaires de Toulon
Le commandement en chef pour la Méditerranée (CECMED) a révélé le 21 octobre que plusieurs drones non autorisés ont été détectés au-dessus ou à proximité de sites militaires de la région de Toulon, entre le 5 et le 16 octobre, pendant l’exercice interarmées TYPHON. Des dispositifs de lutte anti-drones ont été activés à chaque détection, en lien avec les forces de sécurité intérieure. Une enquête judiciaire a été ouverte pour identifier les télépilotes.
Les autorités indiquent qu’aucune infrastructure sensible n’a été menacée. Les enquêteurs doivent établir s’il s’agit de curiosité, de négligence ou de recueil de renseignement. Le ministère des Armées rappelle que le survol d’un site militaire est puni d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, même par négligence.
Pour les directeurs sûreté, ces survols confirment l’intérêt d’intégrer la détection des drones et une procédure d’alerte vers les forces de l’ordre dans le plan de sûreté des sites sensibles.
Sécurité publique
3 articles
VigiRep remplace le SG-CIPDR et préside la Miviludes
Le décret n° 2026-950 du 13 octobre 2026 crée VigiRep, délégation interministérielle chargée de la prévention de la délinquance, de la radicalisation et de la lutte contre les dérives sectaires. Rattachée au ministre de l’Intérieur, elle remplace le secrétariat général du CIPDR, préside désormais la Miviludes et compte environ 50 agents répartis en trois pôles.
Le comité interministériel présidé par le Premier ministre est maintenu, VigiRep en assurant le secrétariat. Le délégué reprend la répartition du Fonds interministériel de prévention de la délinquance, près de 50 millions d’euros par an dont plus de 95 % sont délégués aux préfectures pour financer des projets de collectivités et d’associations. Le rapprochement avec la Miviludes répond à la progression des dérives sectaires en ligne.
Pour les directeurs sûreté, VigiRep devient l’interlocuteur unique de l’État sur la radicalisation et les dérives sectaires, utile pour les dispositifs de signalement interne et les partenariats locaux financés par le FIPD.
Loi « casseurs-payeurs » : examen au Sénat le 27 octobre
Le projet de loi dit « casseurs-payeurs », porté par l’exécutif, permettrait à l’État de réclamer aux auteurs de dégradations le coût des dommages, y compris sans condamnation pénale préalable. Il crée aussi un mécanisme de responsabilité civile visant certains participants à des attroupements, plafonné à 10 000 euros. Le Sénat doit l’examiner en procédure accélérée le 27 octobre.
Le texte répond aux blocages de lycées depuis la rentrée et aux dégradations en marge des manifestations. Le Conseil d’État a jugé la disposition sur la responsabilité civile insuffisamment encadrée et demandé sa révision. Des réserves portent sur ses effets pour les jeunes manifestants, notamment les mineurs.
Pour les directeurs sûreté, ce texte pourrait modifier les conditions de réparation des dommages subis par les sites et commerces touchés lors de violences urbaines, un point à suivre avec les services juridiques et les assureurs.
Le Sénat adopte la loi « casseurs-payeurs » après l’avoir durcie
Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2026, le Sénat a adopté par 229 voix contre 105 le projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de violences ou de dégradations commises dans l’espace public. Les participants à un rassemblement violent pourront être tenus solidairement responsables des dégâts, même sans en être les auteurs directs, dans la limite de 10 000 euros par personne. Une part des allocations familiales, des APL et désormais du RSA pourra être saisie pour recouvrer les sommes.
Présenté après les violences qui ont suivi la victoire du PSG en mai, le texte a pris une autre dimension avec les pillages du 17 octobre. La gauche dénonce une atteinte à la liberté de manifester. Il doit maintenant être examiné par l’Assemblée nationale, où son parcours s’annonce incertain.
Pour les directeurs sûreté, notamment dans le commerce, ce texte ne modifie pas encore les obligations de protection : son adoption définitive reste incertaine et la prévention des dégradations demeure à leur charge.
Sécurité économique
4 articles
La DRSD alerte des dirigeants de la défense sur leur sécurité personnelle
Selon L’Express, la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD) a contacté fin septembre 2026 plusieurs dirigeants d’entreprises françaises de défense qui se rendent souvent en Ukraine. Elle leur a adressé une note de sensibilisation sur leur sécurité personnelle et celle de leurs proches, au-delà des risques d’espionnage, de vol de données et de sabotage. Le dirigeant d’une start-up d’IA militaire envisage un audit complet et l’embauche d’anciens des forces spéciales.
Le contexte est celui de projets d’assassinat attribués à la Russie contre des industriels allemands, dont le PDG de Rheinmetall, sous protection rapprochée depuis 2024. En France, un ressortissant biélorusse a été mis en examen cet été pour avoir filmé un prototype du fabricant de drones Delair et transmis la vidéo à un contact en Russie.
Pour les directeurs sûreté, la protection des dirigeants exposés devient un sujet à part entière : discrétion sur les déplacements, variation des habitudes, hygiène numérique et audit de l’entourage.
Cadeaux d’affaires étrangers : la DGSI détaille quatre cas d’ingérence
La DGSI a publié un nouveau Flash ingérence consacré aux risques associés aux cadeaux offerts par des acteurs étrangers. Il décrit quatre cas réels : des objets offerts après une visite de site dont l’un présentait une anomalie grave, des soirées entièrement payées visant à recueillir des informations et des photos compromettantes, un envoi de matériel non commandé créant une dépendance, et deux clés USB sur cinq piégées lors d’un salon.
Ces approches visent la captation d’informations, la compromission de dirigeants ou la création de dépendances commerciales. La DGSI recommande d’évaluer l’émetteur, d’analyser tout objet avant usage, de ne pas exposer les cadeaux dans les lieux sensibles et d’adopter une charte interne avec registre déclaratif.
Pour les directeurs sûreté, ce flash fournit une base concrète pour formaliser une politique cadeaux et invitations et sensibiliser dirigeants, acheteurs et équipes présentes sur les salons.
Commerces pillés : la CCI Paris Île-de-France ouvre un guichet dédié
Après les pillages et dégradations du 17 octobre à Paris et en Île-de-France, la CCI Paris Île-de-France a ouvert trois services pour les commerçants touchés : une ligne gratuite (08 00 73 04 92), un accueil physique au 11 rue Léon Jouhaux à Paris et un accompagnement dans les démarches auprès des assurances et pour identifier les aides publiques.
Fermetures temporaires, pertes de stock et baisse du chiffre d’affaires peuvent menacer la poursuite d’activité des petites entreprises. L’action est coordonnée avec le procureur de la République de Paris et la Ville de Paris, du dépôt de plainte à la reprise d’activité. Le président de la CCI, Dominique Restino, et ses élus se rendent sur le terrain pour évaluer les dégâts.
Pour les directeurs sûreté des enseignes, ce guichet peut accélérer les dossiers d’indemnisation, à condition de réunir dès le premier jour photos, dépôts de plainte et rapports des agents de sécurité.
Sécurité économique : la Gendarmerie publie un guide pour PME et ETI
Le centre de sécurité économique de la Gendarmerie nationale publie un guide pratique destiné aux PME et ETI, préfacé par Thomas Courbe, commissaire à l’information stratégique et à la sécurité économiques. Il couvre les cyberattaques, l’espionnage industriel, les escroqueries au faux président, les prises de participation hostiles et la désinformation. Chaque vecteur d’ingérence fait l’objet d’une fiche avec cadre juridique, cas concret et points clés, par exemple une PME ayant perdu plus de 50 000 euros sur un faux courriel de son PDG.
Le guide détaille aussi des bonnes pratiques : zones à régime restrictif, parcours de visite sécurisés, désignation d’un responsable sécurité, plan de continuité d’activité. Il recense l’outil d’autodiagnostic Diagseco et les canaux de signalement de la Gendarmerie, de la DGSI, de la DRSD et de Cybermalveillance.gouv.fr.
Pour les directeurs sûreté, c’est un support prêt à l’emploi pour sensibiliser dirigeants et équipes, notamment aux intrusions consenties lors des salons, des visites de délégations ou de l’accueil de personnel temporaire.
Sécurité en entreprise
3 articles
Le Louvre peine encore à combler ses failles de sûreté
Un an après le vol de huit joyaux de la Couronne le 19 octobre 2025, le Louvre poursuit la mise à niveau de sa sûreté. Au moment des faits, seuls 3 des 83 millions d’euros du schéma directeur de sûreté avaient été dépensés. Le musée installe des caméras périmétriques, renforce les accès, rénove son PC sécurité, prévoit environ 20 millions d’euros par an jusqu’en 2032 et a nommé en juillet un coordinateur sûreté.
Les rapports et auditions parlementaires ont pointé des risques d’intrusion sous-évalués et un sous-équipement chronique, la Cour des comptes reprochant d’avoir privilégié des opérations visibles. Le président du musée reconnaît la complexité de travaux menés en site ouvert, et le Sénat estime que changer la culture de sécurité prendra plusieurs années.
Pour les directeurs sûreté, le cas rappelle qu’un schéma directeur non financé reste lettre morte et que la protection périmétrique et l’état du PC sécurité doivent être audités régulièrement, y compris sur des sites très fréquentés.
Pillages du 17 octobre : 1 500 commerces touchés en France
Environ 1 500 commerces ont été pillés ou dégradés le 17 octobre en marge de la mobilisation contre la vie chère, selon la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Son président, Alexandre Bompard, évoque « plusieurs centaines de millions d’euros » de dégâts et demande une accélération des indemnisations. Une cellule interministérielle de crise consacrée notamment au commerce et à l’assurance s’est réunie dimanche soir.
Le précédent de 2023 donne la mesure des suites : les émeutes avaient dégradé plus de mille commerces pour un coût estimé à 793 millions d’euros et 16 400 sinistres. Le délai de déclaration d’un vol peut être limité à 2 jours ouvrés, et la fermeture n’est couverte qu’avec une garantie perte d’exploitation.
Pour les directeurs sûreté, c’est le moment de vérifier les procédures de fermeture d’urgence des magasins, les garanties perte d’exploitation et les délais de déclaration de sinistre.
Panne chez Google Cloud : Revolut et plusieurs services interrompus
Le 20 octobre, la néobanque Revolut a subi une interruption de plusieurs services : paiements par carte, retraits, opérations de change et transferts. Selon Reuters, la panne est liée à un incident dans l’infrastructure de Google Cloud, qui a confirmé des dysfonctionnements dans son centre de données de Londres. Le site immobilier Rightmove et le transporteur DPD ont aussi été touchés. Aucun élément ne permet d’y voir une cyberattaque.
L’incident montre qu’une défaillance chez un seul fournisseur d’infrastructure peut interrompre simultanément des services financiers, commerciaux et logistiques. La concentration des activités sur quelques grands opérateurs de cloud devient un risque de continuité à part entière.
Pour les directeurs sûreté, il s’agit d’intégrer la défaillance d’un prestataire cloud dans les plans de continuité d’activité, en identifiant les processus critiques qui en dépendent et les modes dégradés à activer, notamment pour les paiements et la logistique.
Sécurité événementielle
7 articles
Meetings de campagne : le flou des services de sécurité bénévoles
À six mois du premier tour de l’élection présidentielle, fixé au 18 avril 2027, le site 83-629 s’interroge sur les services d’ordre bénévoles des meetings. Leurs membres n’ont ni carte professionnelle, ni formation, ni enquête administrative, mais peuvent porter un polo marqué « SÉCURITÉ ». L’article revient sur le meeting d’Éric Zemmour à Villepinte en décembre 2021, où un journaliste avait été jeté au sol, sans qu’on sache si l’auteur était un agent professionnel ou un bénévole.
L’auteur rappelle que ni un agent de sécurité privée ni un bénévole ne peut employer la force pour empêcher un journaliste de filmer. La campagne qui s’ouvre multipliera les rassemblements dans des salles et parcs d’exposition, avec une coexistence de prestataires et de militants.
Pour les organisateurs d’événements et les gestionnaires de sites, accueillir un meeting impose de clarifier par écrit qui fait quoi entre la société de sécurité et le service d’ordre du parti, et d’éviter toute confusion de tenue.
PSG-Barcelone : un huis clos envisagé après les violences
Le match de Ligue des champions PSG-FC Barcelone, prévu mardi 20 octobre au Parc des Princes, pourrait se jouer à huis clos. Le préfet de police, Patrice Faure, peut imposer cette mesure, tandis que seule l’UEFA peut décider d’un report. Un syndicat policier a demandé ce report et un membre du cabinet du ministre de l’Intérieur juge « de la folie » d’organiser la rencontre. Officiellement, le match était maintenu à la publication.
Les violences du 17 octobre ont fait 997 policiers et gendarmes blessés et 2 397 interpellations, dont 855 à Paris. Les forces mobilisées doivent à la fois sécuriser le stade et protéger des secteurs comme la place de la République ou les Halles. Le Premier ministre a demandé aux préfets des couvre-feux localisés.
Pour les organisateurs d’événements, ce cas rappelle qu’un contexte d’ordre public dégradé peut entraîner huis clos ou report à très court terme : scénarios dégradés et communication au public doivent être prêts en amont.
24 octobre : les préfets invités à interdire les manifestations à risque
Le 19 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a adressé aux préfets un télégramme consulté par Le JDD. Il leur demande d’interdire les manifestations revendicatives susceptibles de troubler l’ordre public le samedi 24 octobre, après dialogue avec les organisateurs, et d’éloigner les parcours autorisés des bâtiments publics et des rues commerçantes. Les préfets doivent aussi estimer le nombre de participants radicaux, anticiper les renforts et contacter élus et commerçants pour sécuriser leurs locaux.
Ces consignes font suite aux destructions, incendies et pillages des 17 et 18 octobre, dont l’incendie de la mairie de Limoges. Le ministère précise qu’il ne s’agit pas d’une interdiction générale de manifester, mais d’un recours à tous les leviers de police administrative existants.
Pour les organisateurs d’événements, le 24 octobre impose de vérifier dès maintenant auprès des préfectures les arrêtés pris localement, les parcours retenus et leurs effets sur l’accès aux sites.
Montpellier-Red Star reporté à la demande de la préfecture de l’Hérault
Le match de Ligue 2 Montpellier-Red Star, prévu le samedi 24 octobre à 14 heures, est reporté au lundi 26 octobre à 20 h 45. La Ligue de football professionnel a annoncé ce report le 20 octobre, à la demande de la préfecture de l’Hérault et en accord avec le diffuseur beIN Sports. Le motif avancé est la nouvelle journée de mobilisation sociale prévue le même jour.
Cette décision illustre la priorité donnée par l’État au maintien de l’ordre lors de « l’acte II » annoncé après les violences du 17 octobre. Les forces mobilisées pour encadrer les cortèges ne peuvent pas être affectées en même temps à la sécurisation d’une rencontre sportive.
Pour les organisateurs d’événements, ce précédent montre qu’une manifestation programmée le 24 octobre peut être déplacée à quelques jours d’échéance : il faut prévoir dès maintenant un scénario de report, avec billetterie, prestataires de sécurité et communication au public.
Couvre-feux et manifestation du 24 octobre : impacts sur les réceptions
Après les violences du 17 octobre, des couvre-feux partiels sont en vigueur depuis le 19 octobre dans cinq villes. À Paris, la présence est interdite de 23 h à 6 h place de la République et dans un secteur des Halles, avec des interdictions de rassemblement de 20 h à 6 h ailleurs. À Lyon, une partie de la Presqu’île est sous couvre-feu de 21 h à 6 h. Lille, Bordeaux et Nice restreignent la circulation nocturne des mineurs non accompagnés.
Les exemptions couvrent riverains, commerçants et salariés devant être sur place, dont traiteurs et techniciens. Salles de spectacle et restaurants lyonnais restent ouverts. Une nouvelle mobilisation nationale est annoncée le samedi 24 octobre et le Premier ministre n’exclut pas l’état d’urgence.
Pour les organisateurs d’événements, il faut vérifier l’arrêté préfectoral de chaque ville, prévoir des justificatifs pour les prestataires circulant la nuit et anticiper les difficultés d’accès aux salles samedi.
31 octobre : un dispositif de sécurité « extrêmement robuste » annoncé
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé le 26 octobre sur BFMTV un dispositif de sécurité « extrêmement robuste » pour le samedi 31 octobre, troisième journée de mobilisation, qui coïncide avec Halloween. Il s’attend à une journée « de nouveau compliquée » et indique que les mesures de couvre-feu seront maintenues. Le bilan du 24 octobre fait état de 1 435 interpellations, 267 policiers et gendarmes blessés et 150 manifestants blessés.
Le ministre a qualifié cette deuxième journée de « maîtrisée », après le « gros plantage » du 17 octobre marqué par des pillages. Aucun chiffre d’effectifs ni aucune interdiction précise n’ont encore été communiqués pour le 31 octobre.
Pour les organisateurs d’événements, les manifestations prévues le week-end du 31 octobre doivent intégrer le risque d’arrêtés d’interdiction ou de couvre-feu pris tardivement par les préfectures, et prévoir dès maintenant des scénarios de report, de réduction de jauge ou d’adaptation des horaires.
Macron maintient les cortèges à l’écart des centres-villes
En déplacement à Marseille le 26 octobre 2026, Emmanuel Macron a estimé que le samedi suivant serait « encore un samedi à risque ». Les autorités reconduiront le principe de parcours déclarés à l’écart des centres-villes pour protéger les commerces. À Paris, le cortège du 24 octobre longeait déjà les boulevards des Maréchaux. Le chef de l’État a regretté que près de 80 commerces aient été touchés sur l’ensemble du territoire et écarte pour l’instant l’état d’urgence, sans l’exclure.
Il a reconnu un défaut d’anticipation lors du 17 octobre, avec des forces de l’ordre insuffisantes « à Marseille comme ailleurs ». Plusieurs rassemblements ont été interdits par arrêté préfectoral et l’État dit vouloir continuer d’accompagner les commerçants et les collectivités touchés.
Pour les organisateurs d’événements, les week-ends de mobilisation imposent de vérifier les arrêtés préfectoraux et les parcours déclarés, désormais repoussés en périphérie, avant de maintenir ou de déplacer une manifestation.
Sécurité privée
7 articles
JO 2030 : la sécurité privée absente du décret créant la CNSGE
Le décret n° 2026-860 du 12 septembre 2026 crée la coordination nationale pour la sécurité des grands événements (CNSGE), placée auprès du ministre de l’Intérieur. Elle couvre les JO d’hiver 2030 et rédigera les protocoles répartissant la sécurisation entre organisateurs et État. Une dizaine d’agents y travaillent aujourd’hui, une soixantaine sont prévus d’ici 2029-2030. Le texte ne mentionne ni les entreprises de sécurité privée ni le CNAPS.
À Paris 2024, le comité d’organisation estimait ses besoins à environ 22 500 agents privés. En moyenne 15 500 agents étaient présents chaque jour pendant les Jeux, au prix d’un fort interventionnisme de l’État selon la Cour des comptes. Pour Alpes 2030, aucune estimation publique des besoins n’existe encore et l’hébergement des renforts en montagne reste une contrainte.
Pour les organisateurs d’événements, les protocoles de 2030 s’écrivent dès maintenant : la part confiée au privé et les volumes d’agents mobilisables sont à anticiper très en amont.
Chiens de sécurité : une association exige le décret attendu depuis 2008
Le 3 octobre 2026, l’association ARGOS 42 a annoncé avoir mis en demeure le Premier ministre de publier les règles encadrant la détention et l’utilisation des chiens de sécurité privée. Sans réponse sous 60 jours, elle saisira le Conseil d’État. Le texte est prévu depuis la loi du 20 juin 2008 sur les chiens dangereux, qui a modifié la loi du 12 juillet 1983.
Le code de la sécurité intérieure ne fixe toujours ni durée de repos ni règles de transport pour ces chiens, contrairement aux chiens de détection d’explosifs (10 heures de repos sur 24 depuis un arrêté de 2023). En 2021, le Conseil d’État avait enjoint au gouvernement de prendre un décret dans un dossier comparable, sous astreinte.
Pour les directeurs sûreté recourant à des agents cynophiles, un futur décret pourrait imposer des normes de repos et de transport et poser la question de qui finance la mise aux normes.
Sécurité nucléaire : le COSSEN fête ses dix ans face aux nouvelles menaces
Le Commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire (COSSEN), créé en 2016, a réuni le 7 octobre à Maisons-Alfort près de 300 acteurs de l’État, de l’industrie et de la sécurité privée pour ses dix ans. Le préfet Serge Boulanger (DEPSA) y a proposé un encadrement renforcé de la sous-traitance, une garantie financière et une carte professionnelle par métier, alors que les marges des prestataires se situent entre 1 et 2 %.
Les échanges ont aussi porté sur la loi du 16 août 2026, qui permet aux opérateurs d’importance vitale de neutraliser des drones, directement ou via leurs prestataires, sous conditions strictes : menace imminente, plan de protection approuvé, autorisation préfectorale, agents formés et interdiction de la sous-traitance en cascade. Le décret d’application n’est pas encore paru.
Pour les directeurs sûreté de sites sensibles, la lutte anti-drones devient une mission confiable au prestataire, à condition d’anticiper dès maintenant les habilitations, la formation et la révision du plan de protection.
Protection rapprochée des dirigeants de la défense : le cadre légal rappelé
Après l’alerte de la DRSD auprès de dirigeants de la défense engagés en Ukraine, 83-629 détaille qui peut légalement assurer leur protection. La DRSD conseille mais ne fournit pas d’escorte. La protection physique des personnes relève du livre VI du Code de la sécurité intérieure : autorisation du CNAPS, agrément du dirigeant et carte professionnelle pour chaque agent, y compris en service interne. Exercer sans autorisation expose à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Selon le Financial Times, cinq services européens estiment que Moscou cible des dirigeants de l’industrie de défense via des réseaux criminels. Un ancien des forces spéciales doit lui aussi obtenir sa carte, sauf équivalence précise. L’armement du garde du corps exige un arrêté nominatif du ministre de l’Intérieur, valable un an, et un silence de quatre mois vaut rejet.
Pour les directeurs sûreté, recourir à une protection rapprochée suppose de vérifier les autorisations du prestataire ou de structurer un service interne déclaré, et d’anticiper les délais si une protection armée est envisagée.
Violences urbaines : la FFSP demande une meilleure protection des agents
Dans un communiqué du 19 octobre, la Fédération française de la sécurité privée (FFSP) condamne les violences et dégradations commises en marge des manifestations, qu’elle qualifie d’« atteinte grave à l’ordre républicain ». Elle rappelle que des entreprises de sécurité privée ont été mobilisées en complément des forces de l’ordre et que plusieurs agents ont été directement exposés aux violences. Le communiqué ne donne aucun chiffre.
La fédération adresse quatre demandes aux pouvoirs publics : renforcer la protection des professionnels de la sécurité privée, reconnaître leur rôle dans la gestion des crises, éviter de nouvelles mises en danger et renforcer la coopération avec l’État, dans le respect des prérogatives de chacun.
Pour les directeurs sûreté, ce communiqué invite à revoir avec leurs prestataires les consignes de repli et de non-intervention des agents lors de troubles graves, afin de ne pas leur confier des missions qui relèvent des forces de l’ordre.
CNAPS : le téléservice Dracar Ultimate désormais obligatoire
Depuis le 1er octobre 2026, le téléservice du CNAPS, baptisé « Dracar Ultimate », est obligatoire en métropole, en application du décret n° 2025-1344 du 26 décembre 2025. Les entreprises de sécurité privée, exploitants individuels, agences de recherches privées et organismes de formation doivent y créer un compte individualisé avant toute demande d’autorisation. L’échéance est fixée au 31 décembre 2026 outre-mer.
Les dirigeants doivent aussi déclarer nominativement leurs salariés, tenir cette liste à jour et contrôler régulièrement la validité de leurs cartes professionnelles. L’exercice d’une activité privée de sécurité reste conditionné à une assurance de responsabilité civile professionnelle. Le CNAPS conserve son pouvoir de contrôle et de sanction disciplinaire.
Pour les directeurs sûreté, c’est l’occasion de vérifier que leurs prestataires et leurs services internes de sécurité ont bien basculé sur le téléservice et peuvent justifier, à tout moment, de la validité des cartes des agents affectés à leurs sites.
Pillages avenue Montaigne : la protection des agents en question
Le 17 octobre, plus de 1 500 commerces ont été pillés ou vandalisés en France. Avenue Montaigne à Paris, une boutique Celine a été pillée, tandis que devant Dior une rangée d’agents de sécurité privée se tenait sur le trottoir en costume et cravate, sans équipement de protection visible. 83-629 compare cette image à celle d’une équipe équipée de casques et de boucliers lors d’un match à Nantes en 2024.
Le site rappelle le cadre : mission de surveillance des biens et non de maintien de l’ordre, surveillance sur la voie publique soumise à autorisation préfectorale, obligation pour l’employeur de fournir des moyens matériels de protection (article R. 631-17 du code de la sécurité intérieure) et plafond de 12 heures de travail par jour dans la branche.
Pour les directeurs sûreté, ces journées exigent une évaluation écrite du risque propre à la date, des équipements adaptés, des consignes de repli et des relèves planifiées avec leurs prestataires.
Technologies
1 article
Lunettes connectées : le CEPD précise les obligations RGPD
Le Comité européen de la protection des données (CEPD) a adopté une déclaration sur les lunettes connectées, accompagnée d’un rapport sociologique intitulé The Connected Gaze, réalisé sur proposition de la CNIL. Le texte rappelle qu’un utilisateur devient responsable de traitement dès qu’il diffuse publiquement des images ou utilise ces lunettes dans un cadre professionnel, officiel ou politique.
Le principal risque identifié est le manque de transparence : la discrétion de ces appareils empêche les personnes filmées de savoir qu’elles le sont, par qui et dans quel but. Le rapport souligne aussi leur usage possible pour surveiller autrui ou collecter des preuves. Les fabricants restent responsables de leurs propres obligations et ne peuvent pas les reporter sur les utilisateurs.
Pour les directeurs sûreté, l’usage de lunettes connectées par des agents ou des collaborateurs doit être encadré comme tout dispositif de captation d’images, avec une analyse RGPD, une information des personnes et des règles d’usage écrites.
Cybersécurité
3 articles
Assises de la sécurité 2026 : l’ANSSI appelle au retour aux fondamentaux
Aux Assises de la sécurité, à Monaco, le directeur de l’ANSSI Vincent Strubel a rappelé que les fuites ayant touché des services de l’État, dont l’ANTS et la DGFiP, ont été menées par de très jeunes pirates avec des attaques simples. Sa priorité immédiate : imposer l’authentification multifacteur sur toutes les applications critiques. Il note que la transposition de NIS 2 reste bloquée au Parlement.
Patrick Touak, chef du commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace, juge que l’IA n’invente pas de nouvelles attaques mais accélère celles qui existent. Il alerte sur les réseaux d’escroquerie d’Asie du Sud-Est, appelés à viser davantage l’Europe. L’ONUDC décrit un marché du cybercrime clés en main qui abaisse la barrière d’entrée.
Pour les directeurs sûreté, le message est opérationnel : généraliser la MFA et formaliser des procédures de validation des virements pour contrer les fraudes au président dopées par l’IA.
Cybercriminalité : la convention de Budapest face au crime organisé
Pour les 25 ans de la convention de Budapest, S&D Magazine dresse le bilan de la coopération internationale contre la cybercriminalité. La conférence Octopus du Conseil de l’Europe a réuni près de 500 experts de plus de 100 pays à Strasbourg du 14 au 16 octobre. L’opération First Light 2026 d’INTERPOL a mobilisé 97 pays, abouti à plus de 5 800 arrestations et à la saisie de 293 millions de dollars.
Le magazine souligne l’industrialisation du crime, avec le « cybercrime as a service » et des centres d’escroquerie mêlant fraude et traite humaine. Le deuxième protocole additionnel, qui facilite l’accès aux preuves électroniques à l’étranger, n’est ratifié que par quatre États et n’est pas en vigueur. Le coût mondial de la cybercriminalité pourrait atteindre 23 000 milliards de dollars en 2027.
Pour les directeurs sûreté, ce constat confirme que l’entreprise victime ne peut compter sur une réponse judiciaire rapide : prévention, sauvegardes et préservation des preuves restent de sa responsabilité.
Fédération française de tir : vol revendiqué de données de licenciés
Un pirate revendique le vol des données de près de 587 000 licenciés, actifs et anciens, de la Fédération française de tir, proposées à la vente sur un forum criminel. Le lot comprendrait environ 64 000 photos d’identité, 19 000 documents, surtout des certificats médicaux, 140 000 adresses postales et des données sur 1 659 clubs. L’intrusion aurait exploité une faille de contrôle d’accès. Ces chiffres ne sont pas confirmés et la fédération ne s’est pas exprimée.
La fédération avait déjà subi une fuite en octobre 2025. Les données exposées permettent l’usurpation d’identité, l’hameçonnage ciblé et le repérage de pratiquants et de clubs, une population sensible puisqu’elle a accès à des armes.
Pour les directeurs sûreté, cette fuite rappelle que des fichiers associatifs ou sportifs peuvent révéler l’adresse de personnes détentrices d’armes : la sensibilisation des collaborateurs concernés aux sollicitations frauduleuses reste nécessaire.
Offres d’emploi
19 postes de cadres en sûreté, sécurité et HSE, repérés en octobre. Les offres peuvent avoir été pourvues depuis.
- CDI Security Manager HQ & Events International (F/M)Christian Dior Couture, Paris (75), CDI
- Responsable Sûreté et Sécurité Région France et Monaco (F/H)Louis Vuitton, Paris (75), CDI
- Chef-fe de Département Sûreté Société F-HSafran Helicopter Engines, Bordes (64), CDI
- Directeur Santé Sécurité Groupe H/FGEODIS, Levallois-Perret (92), CDI
- Chef de département adjoint des sécurités F/HUniverscience, Paris (75)
- Directeur de la sécurité / Directrice de la sécurité H/FJW Marriott Cannes (Marriott International), Cannes (06)
- CDI – Responsable Accueil et Sécurité Globale (H/F)Plenitude Arena (Paris La Défense Arena), Nanterre (92), CDI
- Responsable Sûreté Site H/FSafran (Safran Transmission Systems), Colombes (92), CDI
- Responsable Sureté & Sécurité – CDI H/FIKEA, Saint-Martin-d’Hères (38), CDI
- Anticipation Analysis And Protection Manager – Security Department Cma Media H/FCMA CGM, Paris (75), CDD
- Responsable Sureté et Tranquillité Résidentielle H/F3F, Paris 13e (75), CDI
- Responsable Sûreté Site Adjoint de Villaroche H/FSafran, Moissy-Cramayel (77), CDI
- Responsable Sûreté Monoprix H/FMonoprix, Paris La Défense, Courbevoie (92), CDI
- Directeur – Directrice de Sécurité Sûreté H/FMinistère des armées – Civils de la Défense, Le Bourget (93), CDD
- Directeur Santé Sécurité H/FEquans France (Axima Réfrigération), Bonneuil-sur-Marne (94), CDI
- Responsable Sûreté et Tranquillité Résidentielle H/FGroupe Vilogia, Montrouge (92), CDI
- Responsable de la Sécurité Portuaire – Saint Tropez H/FCommune de Saint-Tropez, Saint-Tropez (83)
- Responsable Sûreté H/FActing RH (client industriel du recyclage et de la valorisation des métaux), Balbigny (42), CDI
- Chef de projet senior Sécurité privée (F/H)Alpes 2030, Lyon (69), CDI
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